Les Tapis oubliés du Roi-Soleil : Trésor de la Grande Galerie du Louvre
Trésor royal retrouvé du Roi-Soleil
Louis XIV fait exécuter, entre 1668 et 1688, un ensemble monumental de tapis de Savonnerie destinés à couvrir le sol de la Grande Galerie reliant le Louvre aux Tuileries, soit près de 92 tapis pour environ 4 000 m² de surface tissée. La commande, pilotée par Colbert, répond à un double enjeu : affirmer le faste de la monarchie française et rivaliser avec les grands décors princiers européens en transformant le Louvre en résidence officielle du roi. Les modèles sont confiés à Charles Le Brun, premier peintre du roi, qui conçoit un programme décoratif d’une inventivité exceptionnelle, mêlant emblèmes royaux, allégories et grandes figures mythologiques. Tissés à la manufacture de la Savonnerie, ces tapis représentent l’une des entreprises textiles les plus ambitieuses du règne, par l’échelle comme par la qualité technique. Après la mort de Colbert et le déplacement de la cour vers Versailles, l’ensemble n’est finalement jamais déployé au Louvre ; dispersions, découpes et ventes révolutionnaires entraînent la perte de nombreux éléments. Sous le Premier Empire et la Restauration, puis au XXe siècle, l’État et le Mobilier national entreprennent de racheter et réunir les pièces encore repérables, opération poursuivie récemment avec l’acquisition de fragments majeurs.
Les tapis inédits de 350 ans
Les tapis de la Grande Galerie présentent des formats gigantesques, souvent plus de neuf mètres de large, structurés par un grand caisson central encadré de bordures chantournées et de réserves latérales. Le décor combine les armes de France, le chiffre entrelacé de Louis XIV, les fleurs de lys et un vocabulaire ornemental de guirlandes, palmettes, cuirs découpés et enroulements inspirés de l’architecture de Le Vau. Certains tapis mettent en scène de véritables “bas‑reliefs tissés” : allégories en camaïeu bleu et blanc, figures mythologiques comme Neptune, Galatée, Éole ou Junon, encadrées de cadres simulés et cartouches. La palette, d’une grande richesse (blancs cassés, jaunes, ors, rouges profonds, bleus et noirs), est exploitée pour imiter les effets de marbre, de bronze ou de stuc sculpté. L’effet recherché est celui d’un sol triomphal où le tapis devient presque un plafond renversé, miroir du décor peint des galeries, au service de l’exaltation du pouvoir royal.
Conservation préventive
Aujourd’hui, les tapis de Savonnerie de la Grande Galerie, conservés notamment au Mobilier national et au Louvre, font l’objet de protocoles de conservation préventive très stricts : contrôle du climat, limitation de l’exposition à la lumière et réduction des contraintes mécaniques. Les interventions sont réalisées à l’aiguille, sur table, par des restaurateurs spécialisés qui stabilisent d’abord les déformations, cassures de trame et usures de velours avant toute réintégration. Les lacunes importantes peuvent être comblées par un retissage local ou une restitution à l’aiguille, à partir de documents d’archives ou d’exemplaires mieux conservés, après recherche de laines et soies teintées à l’identique. On privilégie des traitements réversibles, lisibles de près mais visuellement intégrés à distance, en respectant la stratigraphie originale du tapis. Enfin, la présentation en exposition alterne souvent avec des périodes de repos en réserve, afin de limiter l’écrasement des fibres et d’assurer la pérennité de ces chefs‑d’œuvre textiles du XVIIe siècle.
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